Réponse à Mme Bombardier
Mme Bombardier tient une chronique quotidienne sur les ondes de 98,5 avec Paul Arcand.
Ce matin, elle a parlé de pédophilie et de chasteté dans l'Église catholique. J'ai décidé de lui écrire une brève réponse.
Bonjour Mme Bombardier,
Tout d'abord, je vous félicite pour le prix que vous avez reçu.
Je vous écris par rapport à votre chronique de ce matin où vous parliez de chasteté et de pédophilie.
J'avoue ne pas comprendre votre raisonnement. De la façon dont vous avez parlé, c'était comme si la chasteté menait à la pédophilie... Les problèmes de pédophilie au sein de l'Église ont été largement illustrés et il semble que ce soit plutôt les pédophiles qui, impuissants devant leur maladie, pris au piège, si je puis-dire, ne trouvaient, à l'époque, que la prêtrise comme refuge, espérant, de façon très illusoire, pouvoir mettre un terme à leur tendance.
L'erreur de l'Église a été, effectivement, de ne pas sévir auprès de ces hommes. Par contre, c'était une question d'époque aussi. Dans nos familles, il en était de même envers les papas qui abusaient de leurs enfants. C'était la loi du silence : que ce soit à l'Église ou en famille.
Quant à la chasteté, il se trouve que bon nombre de personnes la vivent, prêtres, laïcs, dans bon nombre de religions. Elle n'a rien à voir avec le refoulement ou la sublimation, et elle ne peut évidemment pas se vivre à la perfection... comme toute autre vertu. Elle est une façon de vivre accessible à tous contrairement à ce que vous affirmez.
Je crois que la majorité des gens d'ici ont une conception un peu trop janséniste de la chasteté... et de toute la religion chrétienne dans son ensemble malheureusement. Le traumatisme de quelques générations polluent littéralement les esprits des jeunes, et des moins jeunes, qui ne se permettent pas de fouiller par eux-mêmes et de découvrir les grandes vertus de la religion chrétienne.
La chasteté est une belle chose quand on sait la vivre librement et la faire connaître pour ce qu'elle est véritablement: la liberté.
Très cordialement,
Brigitte Bédard, Chroniqueure, Le Nouvel informateur catholique
