Revue de presse
Cours d’éthique et de culture religieuse : les parents devraient-ils avoir le choix ?
André Pratte, La Tribune
Un juge de la Cour supérieure a commencé à entendre, hier à Drummondville, le recours d’un groupe de parents contre le caractère obligatoire du Cours d’éthique et de culture religieuse. Ce cours a remplacé cette année les anciens cours de religion et de morale. Ces parents estiment que l’État contrevient aux libertés de conscience et de religion garanties par les chartes canadienne et québécoise des droits. Québec soutient qu’au contraire, le nouveau programme respecte les droits de tous puisque aucune religion n’est privilégiée. Même si l’opposition au nouveau cours semble marginale – seulement 1742 demandes d’exemption ont été déposées alors que les réseaux primaire et secondaire accueillent plus de 960 000 élèves – le débat est important. Les chartes existent pour protéger les droits des minorités. Si la fin des cours de religion semble répondre à un consensus au Québec, cela ne donne pas le droit à la majorité d’imposer sa vision. Du moins, c’est la question qui est posée à la Cour supérieure du Québec, question que devront sûrement un jour trancher les juges de la Cour suprême du Canada. Permettre aux parents croyants – qu’ils soient catholiques, musulmans ou sikhs – de retirer leur enfant du cours d’éthique et de culture religieuse, ne serait-ce pas… un accommodement raisonnable ? S’ils sont peu nombreux, les parents récalcitrants sont convaincus. Malgré les menaces de suspension lancées par certaines commissions scolaires, 187 enfants boycottent le nouveau cours depuis le début de l’année scolaire. C’est dire qu’aux yeux de leurs parents, un principe fondamental est en jeu. Un sondage CROP réalisé en 2007 révélait qu’une majorité de Québécois étaient favorables à ce qu’on laisse le choix aux parents entre le cours d’éthique et de culture religieuse et un cours de religion traditionnel. Qu’en pensez-vous ?
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Cours d'éthique et culture religieuse – Le débat se transporte en Cour supérieure
Le Devoir/PC, 2009-05-11
Une famille transporte le débat sur le controversé cours d'éthique et culture religieuse jusqu'en Cour supérieure du Québec, aujourd'hui à Drummondville. Elle contestera l'obligation de suivre ce cours pour les élèves du niveau secondaire et primaire depuis septembre dernier. La famille, dont le nom ne peut être révélé, espère que le tribunal jugera inconstitutionnelle l'obligation de suivre le cours. Depuis septembre, le cours fait l'objet de récriminations de la part de certains parents. Un groupe d'opposants, la Coalition pour la liberté en éducation, a notamment tenu des manifestations au cours des dernières semaines.
Appuis
Le porte-parole, Richard Décarie, affirme que 100 000 personnes appuient la démarche de la coalition qui souhaite que « le gouvernement respecte le droit fondamental de liberté de conscience » et permette aux élèves d'être exemptés du cours. Ils demandent « un véritable choix en éducation, et non pas l'imposition d'une religion relativiste ». Le cours d'éthique et culture religieuse se veut, notamment, un apprentissage des religions judéo-chrétiennes ainsi que des croyances autochtones, présentées comme « le patrimoine religieux québécois », dans une perspective plus culturelle que religieuse. Le mois prochain, une école catholique privée pour garçons de Montréal, la Loyola High School, présentera également ses doléances devant la Cour.
Lu sur Le Devoir
Début du Procès sur le controversé Cours d'éthique et culture religieuse
La table est mise pour le juge Dubois
Par Jean-Pierre Boisvert, La Tribune, 2009-05-12, p.16
[…] En après-midi, des experts en théologie, assignés par la partie demanderesse, sont venus apporter un éclairage différent sur les raisons qui ont amené à remplacer le cours d'enseignement moral par le cours ÉCR, si tant est que c'était plus éclairant. Guy Durand, 75 ans, retraité, théologien spécialisé en éthique (dans le domaine de la santé, ont précisé les procureurs) a essentiellement soumis que le programme ne respecte pas ses objectifs, « en ce sens qu'il amène le jeune à déconstruire son identité ». Louis O'Neil, ex-ministre de l'Éducation (1976) et expert en théologie, a parlé du principe de précaution qui affirme: « Au cas où il y aurait des conséquences graves, nous préférons que notre enfant s'abstienne ». Il a de plus émis l'avis que le présent débat n'est qu'un volet de la réforme du système d'éducation au Québec. Demain, le témoignage attendu est celui de Gérard Bouchard, de la célèbre commission.
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Le droit de choisir
La Tribune/Opinion, 2009-05-12, p.14
L'éthique et la culture religieuse obligatoire. Pas le choix! C'est ce que la Cour supérieure à Drummondville va devoir infirmer ou confirmer. Aux gens qui croient que le cours ÉCR va favoriser l'ouverture, je réponds que le cours de morale ou de religion pouvait le faire. Et pourquoi parler des religions durant 11 ans ? L'imposition ! Voilà tout le problème ! Des milliers de parents veulent pouvoir refuser ou accepter le cours ÉCR. Rappelons que 72 % des parents sont d'ailleurs pour le libre choix, selon Léger Marketing (oct. 2008)… Politiciens, amis, voisins, fonctionnaires, pouvez-vous respecter et même soutenir les parents ? Modifier des Chartes et des lois pour imposer un courant relativiste, c'est irrespectueux ! Des consultations comme celle réalisée auprès de la Fédération des comités de parents, qui s'est faites à la hâte, de l'avis même de certains membres, ne signifient rien pour les parents du Québec ! Prétendre qu'une Fédération représente sérieusement et officiellement les parents québécois pour des changements aussi majeurs est un outrage. Jean Charest croit qu'il y a un consensus sur ce cours. C'est faux ! Trois juges différents ont même accordé depuis trois mois une injonction aux familles de Granby qui contestent le caractère obligatoire du cours. Les suspensions des élèves pour refus de se présenter au cours, refus motivés par les parents, ont donc été interrompues ! Les fonctionnaires mis au pied ! C'est étonnant qu'il faille que de simples citoyens aillent aussi loin qu'une mise en demeure et même une injonction pour que le respect des parents devienne une réalité en matière d'éducation. […]
Patrice Gagnon, parent et enseignant, Granby
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