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Jean-Robert Gauthier

Intolérance dévoilée

 : Photo CSN/Bob Roller

Photo CSN/Bob Roller

Deux ans après les débordements xénophobes occasionnés par la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables en 2007, voilà que la question de l’hidjab refait surface avec une vigueur renouvelée.

La Fédération des femmes du Québec a déclaré qu’il ne fallait pas interdire le port des signes religieux dans les services publics. Cela va à l’encontre de la position défendue par le Conseil du statut de la femme. Quant au gouvernement et la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, ils ont refusé de prendre position.

Cela a mis le feu aux poudres féministes, évidemment. Les pages consacrées aux opinions des lecteurs regorgent actuellement de réactions enflammées pour ou contre. Les opposants me semblent nettement plus nombreux et agressifs. Mais l’hidjab n’est qu’un prétexte, à mon avis. Je ne suis pas le seul à détecter une inextinguible colère contre l’Église catholique en dessous de ce débat. Dans Le Devoir du 15 mai, un lecteur, ayant traité l’Islam «d’idéologie rétrograde», ajoute: «Le Québec a pourtant su s’émanciper de la religion après d’âpres batailles». Un peu plus loin, un collectif d’auteurs trouve «qu’il n’y a qu’un pas à franchir pour conclure que la société québécoise règle ses comptes avec le catholicisme sur le dos des travailleuses québécoises qui comptent parmi les plus vulnérables». J’ai même lu, en quelque part la phrase suivante: «On n’a pas arraché les capines des sœurs il y a 20 ans pour permettre à des étrangères de se cacher sous un voile religieux».

Même si le débat porte sur l’hidjab, on sent bien que c’est la présence de la religion en tant que telle dans notre société qui préoccupe gens. Nombreux sont ceux qui font de la laïcité un principe sacro-saint. Or, il est difficile, sinon impossible, de trouver ce principe-là inscrit dans quelconque énoncé constitutionnel. C’est un peu comme la séparation de l’Église et de l’État que chacun agite comme une oriflamme. Où se trouve inscrit ce principe ultime qu’on invoque avec tant de conviction?

Le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés précise que «le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit». Toujours dans Le Devoir du 15 mai, un lecteur proposait tout simplement d’amender le préambule «en y inscrivant le principe de la laïcité en remplacement du principe de la suprématie de Dieu». Rien de moins… Sait-il ce qu’un changement comme celui-là exige? Il faudrait l’accord de la Chambre des Communes, du Sénat ainsi que la majorité sinon l’unanimité des provinces canadiennes. Je suis convaincu qu’il faudrait, avant cela, un référendum à la grandeur du pays. On parle, on parle, mais la loi, c’est la loi.

À mon avis, la question de l’hidjab va se régler autrement. Éventuellement, la Cour suprême va trancher cette question, comme, d’ailleurs, celle du cours controversé d’éthique et de culture religieuse. Rappelons-nous qu’en 1995, la Cour fédérale a autorisé le port du turban pour la Gendarmerie royale du Canada. Les membres des Forces armées ont, eux aussi, droit au turban. Alors, avec de tels précédents, comment croire que la Cour Suprême va rendre illégaux l’hidjab et autres signes religieux?

Lorsqu’il est question du respect de notre liberté religieuse, avez-vous vraiment confiance aux intégristes laïques, aux fanatiques antireligieux et aux catholiques invertébrés de chez nous? Quant au gouvernement provincial, coq gaulois est devenu girouette. Croyez-moi, en tant que québécois, cela me gêne énormément d’avouer que je compte davantage sur les institutions fédérales que provinciales en ce qui a trait au respect de mes droits religieux. Pour le meilleur ou pour le pire, c’est le Canada, pas le Québec, qui «protègera nos foyers et nos droits».

Les contenus rédactionnels des blogues n’engagent que leurs auteurs.

Vos commentaires

C'est bien pour dire...

par Benoît Morin à 2009-05-27 16:58:22

Je suis un souverainiste de longue date, mais j'en viens à la conclusion pénible qu'il vaudrait mieux pour la société québécoise de ne pas quitter le giron de la fédération canadienne avant un bon bout de temps, de crainte de tomber sous l'emprise des apprentis sorciers qui voudraient achever de mettre cette société complètement sens dessus dessous! Je ne pensais pas que j'en arriverais un jour à cette réflexion...

Constitution excellente, mais dont l'application est suspendue

par Mechtilde Poirier à 2009-07-15 00:40:05

Moi aussi, je mettais ma confiance dans notre Constitution canadienne pour le droit à des Commissions Scolaires confessionnelles qu'elle garantit toujours d'ailleurs. L'article 93 n'a pas été abrogé. Nous avons bien été joués lorsque le gouvernement libéral a inventé de toute pièce une façon de retirer au Québec la protection constitutionnelle de ses droits ancestraux: il a suspendu l'application de l'article 93 pour le Québec seulement, à la demande du gouvernement du Québec (Parti Québécois), une disposition qui n'existe même pas, qui a été inventée pour l'occasion. Il n'y a pas eu de référendum pour demander son avis à la population du Québec. Et la Cour Suprême du Canada a refusé d'entendre la cause des parents catholiques à qui on venait de retirer leur droits.

Notre Constitution est excellente, mais ce qu'il faut voir clairement c'est que nos ennemis en ce moment ce sont des Québécois comme nous, baptisés mais apostats pour la plupart. Ils ont toutes sortes de tours de passe-passe pour contourner la Constitution et pour changer des articles dans la Charte Québécoise des Droits et Libertés (qui a valeur de Constitution pour le Québec) comme cela a été fait pour imposer à tous le cours d'Éthique et Culture Religieuse.

Nous ne pouvons pas uniquement nous reposer sur la Constitution, même si elle est excellente.
Il va nous falloir encore plus de ruse que les fils des ténèbres, et aussi voter avec beaucoup plus de circonspection.

Les talibans laïcs

par Daniel Arseneault à 2009-10-25 09:54:06

On n'a pas à s'étonner que la majorité veuille imposer son point de vue sur une minorité. C'est une tendance humaine et c'est ce qui se passe dans la plupart des pays du moyen orient, en Chine et dans biens d'autres pays. Que les talibans de la laïcisation au Québec s'assument et qu'ils admettent qu'ils ne croient pas à la liberté de religion. Ce qu'ils veulent, c'est imposer leur propre point de vue, tout comme les talibans. Je crois que Québécois ne sont pas foncièrement amoureux de la liberté individuelle; ils préfèrent l'homogénéité. Ils sont donc susceptibles de voir du mérite dans les propos discriminatoires des intégristes laïques.

Manque de connaissance de l`Islam?

par Michel Tremblay à 2009-11-14 14:42:35

Avez-vous étudié un peu le Coran et l`islam? Ne savez-vous pas que l`islam est une religion fondamentalement anti-chrétienne et anti-juive. Combien du Sourates violentes dirigées contres les chrétiens et les juifs dans le Coran, la Sunna et les hadiths.

Que pensez-vous qu`il arrivera aux églises si l`islam devient dominant? Avez-vous déja été dans le Nord de Chypre ou encore au Kosovo pour voir ce que l`islam majoritaire fait des églises?

Le voile n`est que un cheval de Troie - Il permet a l`islam de dire - cette femme est interdite aux inférieurs de kaffirs chrétiens (la musulmane selon la charia et le Coran ne peut pas marier un non-musulman a moins que celui-ci ne se convertisse a l`islam sinon la femme et l`homme risque la mort).

L`arrivée de l`islam au Québec n`est pas une bonne nouvelle pour moi! Vous défendez le voile islamique vous faites le jeu d`une religion qui n`aura aucune pitié pour éradiquer le christianisme. L`Histoire de la conquete islamique des Balkans ou de l`Espagne le montre bien.

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