Pakistan: quand une loi devient moyen d'oppression et de persécution

Mgr Joseph Coutts appelle à l'abolition de la loi pakistanaise sur le blasphème.
AED
Début août, huit chrétiens, dont deux enfants, ont été brûlés vifs par des extrémistes musulmans au Pakistan. Un extrémisme qui est malheureusement nourri par la loi pakistanaise sur le blasphème. Il est très rare que l’Aide à l’Église en Détresse élève publiquement la voix pour demander l’abolition d’une loi. Par contre, dans ce cas-ci, la coupe est pleine. Cette loi, qui devrait servir à protéger le sacré, est, la plupart du temps, utilisée pour opprimer et persécuter les minorités religieuses du pays, y compris la minorité chrétienne toutes confessions confondues.
C’est pourquoi l’AED, par la voix de deux de ses représentants, appelle à l’abolition pure et simple de la loi pakistanaise sur le blasphème, source « sans fin de violence et de souffrance et de division dans la communauté. » Elle joint sa voix à celle de l’archevêque de Faisalabad, Mgr Joseph Coutts, qui travaille à cette abolition depuis plusieurs années.
Voici la teneur de cet appel.
"Aide à l’Église en Détresse appelle à l’abolition des lois pakistanaises sur le blasphème
En tant qu’organisme international de charité catholique œuvrant auprès des chrétiens persécutés et souffrants dans le monde, Aide à l’Église en Détresse (AED) est profondément affligé par les violences récentes dans la province du Pendjab, au Pakistan, dans lesquelles huit personnes, dont deux enfants, ont été tuées.
Les événements survenus dans la ville de Gojra et dans le village voisin de Korian ne sont malheureusement que les derniers d’une longue série d’actes d’oppression confusément liés aux lois pakistanaises sur le blasphème. Une fois encore, les lois ont été invoquées par ceux qui agissent pour des motifs de haine religieuse.
La population du Pakistan souffre depuis trop longtemps déjà. Ce ne sont pas seulement les vies des chrétiens et des autres groupes minoritaires du pays qui sont menacées par ces lois. Personne dans le pays n’est à l’abri : des musulmans se trouvent également en prison pour des allégations de blasphème.
Aide à l’Église en Détresse appelle toutes les personnes de bonne volonté à travailler pour l’abolition des lois sur le blasphème. Dans leur réponse au crime de Gojra, les autorités ont déjà démontré leur préoccupation pour la population, mais ce ne sera jamais assez, à moins que les lois sur le blasphème ne soient abolies. L’AED considère que ce n’est qu’une question de temps avant que davantage de personnes ne soient affectées par le chagrin et la perte d’un être cher. Aussi longtemps que ces lois sont en vigueur, le Pakistan est pris dans un cycle sans fin de violence et de souffrance et de division dans la communauté.
Il est clair que les lois sur le blasphème favorisent les abus par des gens qui les utilisent afin d’en faire ce qu’ils veulent. L’emploi abusif des lois signifie qu’elles sont devenues un instrument d’oppression, une matraque pour atteindre ceux qui sont vulnérables. Au nom des droits humains, le gouvernement du Pakistan doit agir pour faire en sorte qu’il n’y ait plus d’usage abusif de ces lois.
Dans ces temps de tragédie et de pertes – spécialement en ce qui concerne les chrétiens pakistanais – Aide à l’Église en Détresse demande à la population de prier pour mettre fin à ces actes de violence et d’intimidation. Que ceux qui sont en deuil d’un être cher, et ceux qui vivent dans la peur puissent être consolés par Dieu.
Marie-Ange Siebrecht, responsable de projets pour l’AED, section Asie-Afrique
Neville Kyrke-Smith, directeur national de l’AED (Royaume-Uni) "
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N.D.L.R.: En complément, la lecture d'un deuxième article s'impose: Quand une loi justifie les massacres! L'épreuve du feu et du sang des chrétiens pakistanais. Il sera publié dans notre magazine Le NIC du 13 septembre prochain en même temps que celui-ci.
