La Présence Réelle
Le 26 mars 1992, le célèbre prêtre et théologien allemand Eugen Drewermann était officiellement relevé de toutes ses charges sacerdotales par l’Autorité Vaticane. Disciple de Freud et adepte de la psychanalyse moderne, il est devenu avec ce coup d’éclat un très populaire « martyr » contestant les dogmes et la morale de l’Église catholique.
Avec ses idées dites d’avant-garde, il a osé dissoudre la divinité de la personne de Jésus dans de savantes théories à saveurs gnostiques et syncrétistes.
Après le Congrès Eucharistique de Québec, ce personnage rebelle est toujours d’actualité chez nous. Il est encore le maître à penser de certains prêtres et de théologiens dits catholiques et très populaires auprès des médias, qui remettent en question, tout comme le théologien allemand, la Véritable Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie.
À la manière du protestantisme, ces pseudo-catholiques laissent entendre que la Sainte Messe est prioritairement un repas, un banquet, un party, un brunch, etc…
La consécration ne serait plus qu’un simple symbole et un rappel historique du dernier repas de Jésus.
Dans cette foulée hérétique, nos théologiens de tendance « Drewermann » affirment qu’il ne faut pas trop insister sur la traditionnelle Présence Réelle.
Aujourd’hui, la nouvelle Présence Réelle se retrouve d’abord dans l’assemblée réunie pour le repas, ensuite dans la Parole proclamée, sans oublier dans le Président de cette assemblée qui représente le Christ et, ENFIN, dans le Pain et le Vin qui rappellent la dernière Cène.
Il paraît, aux yeux de ces théologiens, qu’on a, historiquement, trop insisté sur cette fameuse Présence Réelle !!!
Alors, on tente de noyer ce dogme fondamental dans un ensemble de présences « dites réelles », mais qui, malgré leur importance, n’ont rien à voir avec la véritable et unique Présence Réelle du Corps et du Sang du Christ tant au Tabernacle que sur l’Autel du Saint Sacrement de la Messe.
Avec le Congrès Eucharistique, on a eu l’occasion de remettre les pendules à l’heure et de donner à la Présence Réelle la première place qui doit lui revenir.
Une mauvaise interprétation du Concile Vatican II a laissé se répandre toutes sortes de sornettes. Plusieurs esprits très ouverts, plus tentés par le modernisme que par la saine doctrine, ont dénigré la communion quotidienne, les saluts du Saint-Sacrement, l’adoration devant l’ostensoir, les chapelles d’adoration ouvertes vingt-quatre heures par jour, les processions de la Fête-Dieu dans les rues de la paroisse, etc… en qualifiant ces dévotions autrefois très populaires, de « bondieuseries », démodées.
Mais au fait, sommes-nous en présence de la Véritable Présence Réelle? Malheureusement, par nos attitudes souvent irrespectueuses, on sème le doute à gauche et à droite.
Aujourd’hui, a-t-on encore le plus grand respect pour l’hostie consacrée?
De moins en moins, quand on refuse de se mettre à genoux devant le Corps du Christ, quand on oublie la génuflexion devant le tabernacle, quand on manipule l’hostie un peu n’importe comment sans se préoccuper de disperser aux quatre vents les parcelles du pain consacré, quand on donne la communion à n’importe qui lors des funérailles et des mariages, quand on s’agite à voix haute en conversations profanes avec ses voisins sans aucune retenue, quand on cache les saintes espèces dans un endroit invisible pour l’assemblée, quand on utilise le temple sacré pour des "meetings" socio-politiques, des funérailles laïques et athées ou des spectacles profanes sans se préoccuper de la Présence Réelle, etc…
En minimisant son importance, n’avons-nous pas en même temps perdu le sens du sacré? Évidemment dans nos sociétés où la science fait foi de tout, la Présence Réelle apparaît comme un mythe et une chimère dignes du Moyen-Âge.
En affichant mes croyances, j’ai déjà été ridiculisé et accusé de cannibalisme par des personnes qui se disent « catholiques », mais qui refusent d’adhérer au dogme de la Présence Réelle.
Le Congrès Eucharistique a été un moment privilégié pour redonner à la Présence Réelle la place qui lui revient.
Au Québec, on entend souvent ce commentaire : « moi, je suis un catholique non pratiquant. La messe ne m’intéresse pas. Je n’ai pas besoin de communier, car je ne crois pas à cela. Mais, j’aime mon prochain, je fais la charité et je suis très sensible aux causes les plus nobles comme la pauvreté, les droits humains et l’environnement. Donc, je suis un excellent catholique ».
Ces « catholiques » oublient que même les athées sont capables de vivre toutes ces belles valeurs d’engagement.
Mais le Seigneur en demande plus quand il affirme dans les Saintes Écritures : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez point la Vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang possède la Vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier Jour. Car ma chair est une vraie nourriture et mon sang est un vrai breuvage. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. » (Jean, 53-56). Notre religion catholique romaine est basée sur cette réalité. Ce n’est pas du cannibalisme! Nous devons adhérer à ce dogme incontournable, sinon on ne peut plus s’autoproclamer catholique.
Un catholique a l’obligation de s’alimenter convenablement au Corps et au Sang du Christ s’il veut se tenir spirituellement en forme. Malheureusement, on a trop souvent laissé entendre que la messe et la communion ne sont plus obligatoires et que, dans notre religion modernisée, cela NE serait plus très important pour vivre authentiquement sa foi.
Si on fait beaucoup de « social », le reste (y incluant la célébration eucharistique) importe peu.
Avec le Congrès Eucharistique, dont le thème était « l’Eucharistie, don de Dieu pour la Vie du monde », nous avons eu la chance de faire quelques mises au point et certaines remises en question face à toutes sortes de fausses doctrines qui courent les rues, y incluant dans certains cercles branchés de théologiens « cools » et postmodernes.
Le Concile Vatican II est très clair quand il dit que la célébration eucharistique, c’est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ». Nous sommes en face d’une question vitale. Ce repas communautaire, mémorial du mystère pascal est sacré parce qu’il actualise la mort de Jésus sur la croix et sa résurrection.
OUI, Le Seigneur ressuscité est présent dans l’assemblée, la Parole et le célébrant ; mais, il est surtout réellement présent et vivant dans le pain et le vin consacrés sacrement de l’Amour où le Christ se donne en nourriture à ses amis pour qu’ils vivent.
Et avec Jacques Gauthier (Revue l’Oratoire, mai 2008), je répète que « l’Eucharistie est le grand trésor spirituel de l’Église catholique et le sacrement de l’être en route auquel tout baptisé doit aspirer pour rester bien en vie ».
Malheureusement aujourd’hui, on néglige de goûter à cette nourriture qui vient d’en haut, car on en a trop minimisé l’importance sous toutes sortes de fallacieux prétextes.
Espérons que le Congrès Eucharistique redonnera à la célébration eucharistique ses véritables lettres de noblesse.

