Bientôt l'euthanasie
Selon un article publié jeudi le 16 juillet 2009 dans le Globe and Mail de Toronto, le Collège des médecins du Québec envisage de recommander au gouvernement la décriminalisation de l’euthanasie. Tous les médias ont applaudi, pendant que l’intelligentsia québécoise accueillait avec soulagement cette « sage » décision.
Évidemment, nous dit le savant Collège, la solution finale serait autorisée uniquement dans des « circonstances bien précises ». Il paraît que l’opinion populaire est mûre pour embarquer dans le bateau de la mort. Toute cette cynique mise en scène n’est que de la pure hypocrisie.
Actuellement, les médecins ont tous les moyens médicaux pour soulager les souffrances des patients en phase terminale. Dans plusieurs cas, on sait très bien que la dose requise peut provoquer indirectement la mort. On ne parle pas d’euthanasie, car le but visé, c’est d’alléger les souffrances des malades.
Si on ouvre la porte à l’euthanasie, il faudra se préparer à en voir de toutes les couleurs. Voici un historique qui devrait nous faire réfléchir.
Le 22 septembre 2007, une association (de style groupe de pression) bien particulière a officiellement vu le jour au Québec. D’entrée de jeu, il faut se rappeler le triste projet de loi présenté à la Chambre des Communes à Ottawa par la députée du Bloc Québécois, Mme Francine Lalonde, le 15 juin 2005 pour légaliser l’euthanasie.
Après sa mort au feuilleton en raison du déclenchement des élections, Mme Lalonde avait annoncé qu’elle reviendrait à la charge et qu’elle ne lâcherait jamais le morceau. Aujourd’hui, elle prépare fébrilement sa croisade en s’associant à la gauche québécoise pour faire un grand débat de société et finalement imposer à la population son idée.
C’est dans ce contexte que fut fondée à l’automne 2007 l’AQDMD (l’Association Québécoise pour le Droit de Mourir dans la Dignité). Cet organisme, qui a l’appui de nos grandes centrales syndicales, du Parti Québécois, du Bloc Québécois et du NPD, semble maintenant se tourner vers les associations de retraités et d’aînés. Une campagne de recrutement a présentement lieu au Québec pour obtenir du financement et des membres bien vivants.
L’euthanasie :
L’AQDMD, qui prône l’euthanasie active sous le couvert du « droit de choisir le moment de sa mort », a maintenant pignon sur rue à Montréal. La mission de ce mouvement de la « belle mort » est de permettre à une personne atteinte d’une maladie en phase terminale ou vivant dans les douleurs et la souffrance, de recevoir l’aide médicale nécessaire pour mettre fin à ses jours. Cet organisme de la mort s’est inspiré des lois sur l’euthanasie et le suicide assisté aux Pays-Bas, en Belgique et dans l’État de l’Oregon aux États-Unis.
La même stratégie :
Le faux débat qui s’amorce me rappelle celui de l’avortement, il y a quelques décennies. À l’époque, on avait ouvert la porte pour des raisons très sérieuses et ce, uniquement en début de grossesse. Aujourd’hui, le dérapage est complet. Il n’y a aucune balise ! Nous sommes en face d’un désastre national : 30000 avortements par année, uniquement au Québec (nous sommes « champion » mondial), avec en prime des avortements de quasi-naissances après 6 et 7 mois de grossesse. C’est même devenu un moyen de contraception ! Tant que le fœtus n’est pas sorti du ventre de la mère, il n’a aucun droit : c’est un vulgaire paquet de cellules insignifiantes qu’on peut jeter à la poubelle.
L’hypocrisie :
Avec l’euthanasie à nos portes, on se prépare à vivre le même cheminement. Les grands ténors ne parleront pas d’euthanasie, mais du droit de disposer de son corps en choisissant l’heure de sa mort. C’est à petites doses homéopathiques qu’on va nous faire avaler le morceau ! Même si on parle d’un grand débat de société, on sait très bien que les dés sont pipés d’avance. Nos promoteurs de l’euthanasie sont de grands manipulateurs. Ils veulent imposer leur culture de la mort en enrobant le tout comme du succulent bonbon. !
Des mensonges :
Dans les mois qui viennent, on entendra souvent parler de l’AQDMD. Il faudra éviter de se laisser chloroformer ; il faudra répondre à ce discours morbide et inacceptable où l’euthanasie sera présentée comme la seule solution et comme la porte idéale de sortie pour les grands malades du Québec. Pour tous ces adeptes de la solution finale, la vie humaine n’a plus rien de sacré. Ils utilisent le sophisme pour nous vendre leur salade, comme dans le dossier de l’avortement. Sous l’enrobage du libre choix, ils manipulent les esprits en parlant d’aide au suicide assisté. Ils se servent d’euphémismes comme « endormir », « mourir en douceur », « débrancher l’appareil », « éviter la souffrance », etc…
Voilà de très beaux discours pour se donner une sympathique couverture médiatique et un supposé fondement moral. Pour mieux faire digérer leur thèse par le bon peuple, ils y vont de descriptions épouvantables et insupportables dans leur publicité biaisée ; on choisit toujours des cas parmi les plus pénibles, comme un malade gémissant d’une souffrance atroce et constante (ce qui est impossible avec les médicaments modernes de plus en plus performants) ou une personne en train de devenir légume qui attire un tsunami de pitié.
Le piège :
Dans les faits, les commandos de l’euthanasie veulent tout simplement nous tendre un piège pour, à plus ou moins long terme, ouvrir la porte toute grande à l’euthanasie sur demande et l’euthanasie décidée par « l’autorité compétente ». En attendant ce grand soir, on parle uniquement d’euthanasie pour des cas extrêmes et pathétiques afin de mieux leurrer la population. Cette philosophie postmoderne de la « douce mort » est basée sur la fameuse sornette répétée ad nauseam : « MON CORPS M’APPARTIENT ».
Et après, ce sera quoi ?
À quand le tour des personnes handicapées ? Des personnes très âgées qui coûtent trop cher au système de santé ? Des jeunes et moins jeunes qui sont dépressifs ? De ceux et celles qui ont une maladie incurable ? De ceux et celles qui trouvent que la vie n’a plus aucun sens ? Etc….. Alors mon corps m’appartient, j’ai le droit de mourir quand je veux ? Non merci !
Et la dignité humaine ?
Rappelons-nous que le Conseil pour la Protection des Malades, ainsi que les différents organismes de protection des personnes handicapées et en perte d’autonomie, se sont toujours prononcés contre toutes formes d’euthanasie au nom de la dignité humaine. Une société qui en serait rendue là m’apparaîtrait comme une société complètement déboussolée qui aurait alors atteint le fond du baril de la décadence humaine. Après l’industrie de l’avortement, serons-nous bientôt confrontés avec l’industrie de l’euthanasie ?

