Une crise se prépare

Le cardinal Christoph Schonborn de Vienne à l'occasion d'une rencontre extraordinaire des évêques autrichiens en février 2009 pour faire face à la crise autrichienne..
Photo CNS/Leonhard Foeger, Reuters
L’Autriche serait-elle sur le point d’apostasier ? Plusieurs observateurs sont d’avis que l’Église autrichienne est entrée dans une crise très importante.
Dans ce pays autrefois si chrétien, les évêques nommés par le Pape Benoît XVI sont de plus en plus contestés, refusés et même renvoyés. Voilà ce qui est arrivé à Mgr. Gerhard Maria Wagner, évêque auxiliaire de Linz, qui vient de remettre sa démission quelques mois seulement après sa nomination très contestée. (Pro Liturgia, février 2009).
Mais que se passe-t-il au pays de Mozart ?
Les pasteurs restés fidèles au Pape sont contestés parce qu’ils enseignent la saine doctrine en accord avec le Magistère de l’Église.
Chez de nombreux catholiques, une pernicieuse mentalité s’est installée dans le sens de réclamer des prêtres et des évêques qui souhaitent introduire une religion évolutive au goût du monde.
Tous ces loups qui ont envahi la bergerie pour la prendre en otage espèrent pousser Rome au pied du mur. Au niveau diocésain ces « super-cathos » libéraux et présomptueux sont passés maîtres dans l’art d’imposer leur vision de l’Église en accord avec les idées à la mode. Plusieurs évêques affirment qu’ils ne sont plus obéis par les prêtres et les fidèles de la base et qu’ils doivent gérer une situation très difficile sans trop faire de vagues.
Toutes ces informations laissent croire qu’on se dirige vers une crise majeure qui pourrait bien d’ici une dizaine d’années aboutir à une nouvelle Église schismatique, libérale, autonome et détachée de Rome.
Cette Église aurait comme objectif de rejeter les dogmes et d’affadir le Crédo. Nous aurions enfin une religion « soft » et « cool ».
Pour arriver à leurs fins, ces rebelles sont très subtils pour ne pas dire hypocrites. Ils parlent continuellement de pluralisme, de dialogue, d’inclusion et de Vatican II qui doit être relu dans l’esprit du monde moderne. Une véritable guerre d’usure est en cours en Autriche pour changer les mentalités. Tous ces rebelles en mènent très large espérant imposer leurs interprétations hérétiques au niveau de la doctrine et de la morale. Pour eux, le relativisme et le subjectivisme font foi de tout. Leur travail de sape passe souvent inaperçu, car ils utilisent toujours un langage mielleux et accommodant. Ils sont de véritables champions au niveau de la communication. On pourrait même leur donner le bon Dieu sans confession, tant ils projettent une image de très grande bonté. Ils envahissent les médias athées et la télévision.
Tous ces faux bergers utilisent judicieusement les structures de l’Église catholique, afin de remplacer progressivement à doses homéopathiques la saine doctrine. Voilà un état d’esprit qui conduit à ne jamais interdire au Pape de parler, mais à interdire aux fidèles d’entendre et de suivre les enseignements du Saint-Père. Ce qui vient de Rome, c’est toujours suspect !
En lisant tous ces reportages sur l’état de l’Église autrichienne, j’ai vu défiler dans mon esprit la tempête historique actuelle vécue douloureusement dans mon Église du Québec. Que de ressemblances avec l’Autriche !
Que devons-nous faire face à cette crise ? Il faut faire preuve d’un très grand discernement.
Dans la revue « Stella Maris » de juillet 2009, le très sage mystique Léandre Lachance, toujours très fidèle au Pape et au Magistère, nous donne ce précieux conseil : « Nous devons aimer notre Église et prier pour nos prêtres. Je suis sûr que le renouvellement de l’Église se réalise actuellement. Quand on parle de « nouvelle Église », c’est celle que connaissons sous Benoît XVI. Ceux qui vont renouveler l’Église, ce ne sont pas ceux et celles qui veulent avoir une Église adaptée au monde pervers dans lequel nous vivons. Le rôle de l’Église n’est pas de demander à Dieu de s’adapter à un monde pervers. Son rôle, c’est de conduire le monde pervers à Dieu, de le guider sur le chemin qui conduit à Dieu. Le monde du vingtième siècle a voulu se bâtir sans Dieu. Vouloir ajuster l’Église à ce monde, c’est une erreur ».
Que doit-on faire, face aux enseignements de nos pasteurs, prêtres et théologiens ?
« Le premier discernement que je fais, nous dit Léandre Lachance, est celui-ci : De quelle façon parle-t-il du Saint-Père ? S’il en parle en bien, j’ai un préjugé favorable. S’il met des réserves sur le Saint-Père, je mets des réserves sur son enseignement ». Quelle grande sagesse dans ces propos à méditer.
