La dictature du relativisme
Un ami, chevalier de Colomb, me demandait l’autre jour ce que signifie le mot relativisme que j’ai utilisé à quelques reprises dans mes articles.
En ces temps de profondes perturbations de plus en plus angoissantes, une explication s’impose.
Nous entendons souvent des catholiques faire ce genre de remarque : Où est la vérité ? Qui dit vrai ? On ne sait plus sur quel pied danser ! Les prêtres se contredisent ! La religion n’est plus la même ! Il n’y a plus de balises, etc.
Depuis quelques années, en occident et au Québec en particulier, le relativisme s’est répandu comme une gangrène. Tout est devenu normal, banal, acceptable et moral.
Le laïcisme, l’agnosticisme, l’athéisme, l’ésotérisme, l’hypersexualité, le matérialisme et l’hédonisme sont acceptés comme les nouvelles valeurs à la mode qu’il faut enseigner et promouvoir à tous les niveaux de la société.
L’individualisme et l’égoïsme ont pris de telles proportions dans notre société décadente que maintenant l’individu a toujours raison ; celui-ci peut dire et affirmer n’importe quoi. Toutes les opinions sont bonnes ; il y a autant de vérités qu’il y a de personnes qui se prononcent sur n’importe quoi. Et gare à celui qui oserait contredire tous nos champions du relativisme.
Le Pape Benoît XVI dénonce régulièrement dans ses enseignements cette fausse valeur présentée à la population qui a malheureusement perdu tous ses repères. Pour le Saint Père, le relativisme est devenu une terrible menace qui s’oppose directement à Dieu et qui est le contraire de la Vérité.
En 2009, l’homme se prend trop souvent pour Dieu en affirmant haut et fort que seule sa propre vérité a valeur d’absolu. Il est aveuglé par l’orgueil qui le rend insensible aux vraies valeurs et aux vérités de foi. Il se pense libre de changer d’idée comme on change de chemise au gré des modes et des sondages d’opinion. Le relativisme l’a rendu esclave de toutes sortes de passions, déviations et fausses doctrines enseignées et promues par les mass médias athées.
Nous vivons dans un monde où la véritable foi est en crise profonde. Le bon peuple, fortement intoxiqué par les idées à la mode, ne sait plus où donner de la tête. Il plonge tête première dans l’ésotérisme et les sciences occultes pour tenter d’étancher sa soif de spiritualité. Les fausses doctrines du Nouvel Âge l’amènent à émettre des opinions floues et confuses.
On se dit encore catholique ; mais, sous l’emprise du relativisme, on affirme candidement que toutes les religions sont égales et se valent, que la morale et les commandements de Dieu sont dépassés, que chacun peut se confectionner à sa guise une petite doctrine personnelle et qu’on peut magasiner toutes sortes de croyances dans les sectes et autres religions en les amalgamant à la religion catholique.
Avec le relativisme, l’homme moderne peut vivre comme si Dieu n’existait pas. Il n’y a plus de péché ; la responsabilité et la culpabilité sont devenues deux mots tabous. La liberté individuelle n’a plus aucune limite.
Le cancer du relativisme s’est même propagé à l’intérieur de notre Sainte-Mère l’Église. Certains prêtres et théologiens, ainsi que beaucoup de pseudo laïcs catholiques toujours très populaires auprès des médias vendus au relativisme moderne, remettent en question la supposée rigidité du Credo, des dogmes, des commandements de Dieu et du Magistère ecclésiastique. Ils vont même jusqu’à ratatiner la Présence réelle eucharistique et nier la virginité de Marie, l’existence du démon et de l’enfer.
Tous ces catholiques en culottes courtes pensent qu’ils peuvent adapter leur foi avec les erreurs modernes de l’avortement, de l’euthanasie, du divorce, des mariages homosexuels, des pratiques comme le clonage et la recherche sur les cellules souches embryonnaires, etc.
Sous le prétentieux prétexte qu’il faudrait dépoussiérer l’Église de Rome et que la majorité des gens remettent en question ces vérités fondamentales, ils adhèrent aveuglément au relativisme ambiant, chloroformés par les sondages populaires.
Quand on affirme comme parole d’Évangile :
- «qu’il n’y a rien là»,
- «que tout le monde le fait, fais le donc»,
- «que le bon peuple qui croit à ceci et cela, c’est donc la vérité»,
- «que le Code Da Vinci dit vrai»,
- «que la réincarnation et la résurrection, c’est la même chose»,
- etc.
On se vautre alors dans un relativisme qui nous mène directement au nihilisme et au néant.
- Quand la liturgie prend des allures de show business,
- Quand certaines églises deviennent des salles de spectacles profanes et de meetings politiques ou syndicaux,
- Quand un Pierre Bourgault, personnage ouvertement hargneux contre l’Église catholique et agressivement athée, reçoit des hommages publics dans une grande basilique catholique de Montréal, lors d’une grosse fête laïque et politique à l’occasion de son décès,
- Quand une importante communauté religieuse catholique refuse de louer ses locaux à un organisme pro-vie,
- Quand des responsables religieux acceptent au contraire de louer leurs salles à des organisations pro-avortements ou à des groupements qui font la promotion de fausses doctrines, je n’ai pas peur d’affirmer que tout cela se fait dans l’esprit d’un relativisme qui prône que tout est banal et acceptable, et que chacun possède sa vérité.
Le plus désolant dans cette pénible tourmente, c’est de voir des théologiens et des prêtres, contaminés par ce relativisme ambiant, enseigner de fausses doctrines en espérant ébranler le Magistère de l’Église et en se pavanant sur la place publique.
Le relativisme doit être dénoncé et combattu avec acharnement. On juge un arbre à ses fruits. En observant la société en pleine déroute, on peut affirmer, à moins d’avoir des œillères, que les fruits du relativisme sont d’amères poisons. Nous vivons une époque où l’immoralité et les faussetés font fureur. Le bien est devenu le Mal et le Mal est devenu le Bien !!!
Malgré tous les beaux discours des défenseurs du relativisme, la Parole de Dieu ne changera jamais ; ce que le Christ nous a enseigné est un absolu non négociable. Quels que soient les époques, les races, les cultures, les pays et les individus, la Vérité ne change pas ; elle n’est pas relative à qui ou à quoi que ce soit. Elle est immuable, même si les médias, la meute populaire et certains théologiens disent le contraire.
Si nous affirmons notre foi en dénonçant le relativisme populaire, on risque de se faire traiter de rétrograde, d’arriéré, de réactionnaire et de moyenâgeux.
Mais le véritable chrétien ne peut être ni chair, ni poisson. Il doit mettre ses culottes et affirmer sa foi dans toute sa pureté et de dire NON au relativisme qui nous agresse de toutes parts.
Rappelons-nous la Parole du Christ : « les tièdes, je les vomirai ».
J’espère que ma réflexion a permis de mieux comprendre le relativisme, ce fléau des temps modernes qui est en train de semer la confusion dans notre société déboussolée.
Face au chaos qui s’installe un peu partout, la seule solution c’est de faire confiance à la grande sagesse de l’Église catholique et à la solidité de la Parole de Dieu, deux antidotes contre la dictature du relativisme moderne.

