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Paul-André Deschênes

Heureux avec Dieu

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Dans le numéro de la revue l’Actualité du 1er octobre 2009, un article percutant m’a profondément interpellé. Intitulé « Une brebis égarée, moi ? », la journaliste Louise Gendron, dans un témoignage-choc de trois pages, nous parle des grands bienfaits de son athéisme.

Elle relate en détail ad nauseam toutes les « bondieuseries » qu’elle a endurées durant son enfance: prières, messe, mois de Marie, chapelet, les « méchantes » sœurs du couvent, le péché, la morale, etc. Elle en profite pour ridiculiser l’Immaculée Conception et le péché originel. Et à 13 ans, elle aurait acquis la certitude, sans aucun regret, que Dieu n’existe pas et surtout qu’on peut être très heureux sans lui.

Notre journaliste postmoderne se prétend comme le fruit du hasard et comme une « brève lueur dans l’immensité du temps ». Elle vient de nulle part et elle ne va nulle part. Elle se définit comme une impie athée. Pour elle, l’âme est une ridicule invention et les religions de dangereuses institutions.

Dans son article, elle annonce la publication d’un livre de 161 pages, intitulé « Heureux sans Dieu » où 14 personnalités témoignent de leur immense bonheur de vivre sans Dieu.

Au milieu du mois d’octobre, lors d’une visite à la librairie du Centre d’achats, je remarque que le présentoir des best-sellers met en évidence le livre en question. J’en demande un exemplaire; on m’annonce qu’il n’en reste plus ; on a tout vendu en trois jours. On accepte de me vendre le livre du présentoir.

Comment expliquer un tel engouement pour cet ouvrage? En lisant « Heureux sans Dieu » (éditions VLB), j’apprends que nos 14 personnalités du monde humoristique, religieux (un ex-Jésuite), artistique, littéraire, scientifique, journalistique, universitaire, etc… ont décidé de « sortir du placard » pour témoigner haut et fort de leur athéisme.

Les Daniel Baril, Normand Baillargeon, Louisette Dussault, Cyrille Barette, Arlette Cousture, Hervé Fischer, Louise Gendron, Louis Gill, Yves Gingras, Yves Lever, Isabelle Maréchal, Martin Petit, Ghislain Taschereau et Yannick Villedieu se défoulent en chœur en ergotant une litanie de lamentations usées à la corde. Je m’attendais à un livre sérieux et bien articulé autour d’arguments solides pour étayer la thèse de l’athéisme.

Malheureusement, la montagne a accouché d’une souris.

Dans un style où les élucubrations et le sensationnalisme prennent beaucoup trop de place, les témoignages percutants de nos personnalités nous en mettent plein la vue avec un véritable tsunami de frustrations qu’auraient subi tous ces pauvres gens.

On nous présente l’athéisme comme la marque d’une saine indépendance d’esprit. Un être sain ne peut pas être croyant, paraît-il! Nos militants athées nous parlent de la foi en Dieu de façon méprisante, en l’associant à l’infantilisme et à la superstition. Leurs guides idéologiques sont Richard Dawkins (Pour en finir avec Dieu) et Michel Onfray (Traité d’athéologie), deux auteurs athées très populaires au niveau du CEGEP et de l’université.

Ces témoignages sont souvent pigmentés d’âneries, comme celle racontée par Arlette Cousture, auteure des Filles de Caleb. Elle nous raconte en détail ses communions sacrilèges à l’âge de 12 ans où elle « adorait blasphémer sans arrêt dans sa tête en allant communier » (sic). Comme Dieu ne l’a jamais punie, son penchant pour l’athéisme n’a fait que progresser. Elle a finalement apostasié dans sa classe de Belles-Lettres au collège classique. Elle salue également dans son témoignage le courage exceptionnel de son père, Médaillé de la papauté, qui a renié sa croyance en Dieu et en l’Église catholique à l’âge de 84 ans proclamant très fort que « la mort signifie néant » (sic).

Tous ces témoignages sont un gigantesque défoulement très bien orchestré pour salir et massacrer la foi et la religion. On en profite pour ridiculiser les croyants avec leur credo « insignifiant », leurs illusions puériles et leurs histoires d’éternité et de résurrection qui ne tiennent plus la route.

Tout au long de ces pages déprimantes, on proclame que les croyants sont des ignorants, que la religion recule à mesure que la science avance, que la foi en Dieu fait de nous des illettrés de la raison, des étroits d’esprit, des analphabètes, de crédules aveugles, des adeptes de la potion magique, etc. Face à la raison, nous aurions capitulé !

Nos savants athées, gonflés d’orgueil, hurlent qu’ils se portent beaucoup mieux en l’absence de Dieu. Pour être heureux, il faut passer d’un univers religieux à un univers athée. Nier Dieu, c’est libérateur; c’est rejeter la servitude. Eux, ils « savent », pendant que nous les pauvres croyants, serions condamnés à croire.

Enfin, le plus beau cadeau à faire à nos enfants serait de les former à l’athéisme et surtout de ne pas les déformer avec une ridicule foi en un Dieu qui n’existe pas. Enfin, le croyant n’a que des réponses absurdes aux grandes questions existentielles, affirment nos savantes personnalités.

Que conclure?

Ce supposé athéisme « lumineux » n’est qu’un tissu de mensonges biaisé et tordu très mal ficelé. Nos athées en croisade exhibent une frustration très à la mode, fruit d’une éducation religieuse incomplète et mal digérée.

Personnellement, contrairement à nos 14 personnalités, j’annonce que la foi en Dieu, loin de me rapetisser, me libère et me rend pleinement heureux.

Je dénonce le ton revanchard, accusateur et méprisant de ce pamphlet qui présente les croyants comme de pauvres « cons » et des simples d’esprit. J’en ai marre de toutes ces frustrations du catholicisme québécois d’hier et d’aujourd’hui qui font les délices de notre société païenne.

« À quand un athéisme vraiment mûri par la réflexion scientifique et la critique éclairée ? » Pierre Gervais Majeau, curé. (L’Actualité, 1er novembre 2009)

J’attends avec impatience qu’une brochette de 14 personnalités québécoises nous présente leurs témoignages de foi dans un livre intitulé « Heureux avec Dieu ».

Mais, retrouverait-on dans nos médias et à l’entrée de nos librairies, une publicité aussi importante pour un tel ouvrage que celle si généreusement octroyée à nos militants athées?

Les contenus rédactionnels des blogues n’engagent que leurs auteurs.

Vos commentaires

Fossé infranchissable

par Torrieu de Batinsse à 2010-01-08 15:11:37

Extrait de http://torrieu.wordpress.com/2010/01/08/un-fosse-infranchissable/

[...] C'est vrai que certains athées sensationalistes utilisent ces termes pour, semble-t-il élargir encore plus le fossé entre les deux mondes et forcer les gens à sauter d'un côté ou de l'autre sans possibilité de revenir en arrière.

Sachez toutefois que ce ne sont pas tous les athées qui adoptent cette attitude. Ceux que je connais sont modérés, tolérants, pas le moins du monde insécurs. Ils ne tentent pas de convertir les croyants mais demandent qu'en revanche qu'on les laisse libre de penser comme ils le veulent. Ces athées ont suivi un chemin ou un autre, parfois rempli des frustrations d'une religion inflexible qui les a forcé de prendre un premier pas dans cette direction. Est-ce mal d'en parler? Est-ce mal de partager ses expériences personnelles et de s'affirmer?

Je ne crois pas.

Je pense sincèrement que l'herbe est plus verte de mon côté du fossé, et je ne me gènerai pas pour le dire. Et bien sur, vous avez le droit de penser la même chose.

Un autre point de vue athée.

par Michel THYS à 2010-01-09 13:44:21

Bien qu'athée, je désapprouve le ton parfois méprisant de Richard DAWKINS ou de Michel ONFRAY. Et bien qu'estimant comme eux que les religions sont plus nocives que bénéfiques à tous points de vue (individuel, collectif et historique), la foi, à mes yeux, restera toujours un droit légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choie en connaissance de cause plutôt qu'imposée dès l'enfance. Non pas comme le droit de se tromper, mais comme celui de préférer faire confiance à l'affectivité plutôt qu'à la rationalité.
Ne pas reconnaître ce droit serait, à mes yeux, faire preuve d'intolérance et desservirait la cause de l'athéisme., même si celui-ci n'est pas prosélyte : chacun doit, à son heure, se forger sa propre 'vérité',partielle et provisoire.
Cela dit, je voudrais vous suggérer une approche inhabituelle du phénomène religieux …

N'est-ce pas un fait sociologique et statistique que la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers ? D’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ensuite par l’influence d'un milieu éducatif croyant, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L'éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.
Les neurosciences tendent à confirmer cette imprégnation.
Certes, elles ne démontrent pas l’inexistence de 'Dieu' (aucune inexistence n’est démontrable), mais elles relativisent la part du libre arbitre et tendent, me semble-t-il, à démontrer son existence imaginaire et donc illusoire.

- Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l'homme n'aurait jamais pu survivre si l'évolution n'avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … ).

- Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu' en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ( et donc l'aptitude à imaginer un 'Père' protecteur, substitutif et anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il 'authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre' ...).

- Des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, tels que les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. L'IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion. Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l'impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangélique (iste ?) Philippe HUBINON à la RTBF : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! » …

Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Henri LABORIT a écrit : « Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté !'.

Entendons-nous bien : loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, …) par une approche neuroscientifique ?
Bien qu'encore très partielle, elle vise en effet à mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et donc à permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses.

La liberté de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire serait plus effectives que symboliques si l’on s’orientait enfin vers un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement occultées.
L’école compenserait ainsi l’influence familiale, certes légitime mais unilatérale et donc communautariste.

Michel THYS à Waterloo michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org

Devant le Créateur il n`y aura pas démocratie

par Michel à 2010-01-19 21:12:00

La seule chose qui soit juste pour tous en ce monde est la mort. Tous nous allons passé par la mort et devant notre créateur il risque de ne pas y avoir de débat démocratique ni d`avocats pour recevoir les plaintes. Pourquoi rejeter l`amour de Dieu alors que la puissance et l`intelligence de sa création saute au yeux. L`homme est la créature de Dieu créée par lui et il est ridicule de penser pouvoir comprendre ou jouer a égalité avec la puissance créatrice de ce monde.

L'évolution de L'Église

par Michel Thys à 2010-01-29 16:19:04

Bonjour Monsieur Paul-André DESCHENES,
Je m'intéresse aux discussions entre catholiques quant à la nécessité et, le cas échéant, la manière de faire évoluer l'Eglise.
Dans votre article à propos de « Vivre heureux sans Dieu », vous vous attendiez « à un livre sérieux et bien articulé autour d’arguments solides pour étayer la thèse de l’athéisme », et citiez « A quand une athéisme vraiment mûri par la réflexion scientifique et la critique éclairée ? ».
J’y ai répondu le 9 janvier, mais sans écho de votre part. Je comprendrais néanmoins que vous ne le souhaitiez pas.
Quoi qu’il en soit, je me permets donc de vous le reproduire ci-dessous, tel qu’il a été publié.
Votre commentaire sur mon point de vue, certes inhabituel, m’intéresserait vivement.
Je vous en remercie déjà.


Réponse à Monsieur Michel Thys

par Paul-André Deschesnes à 2010-01-29 16:25:38


Bonjour Monsieur Michel Thys,

Je m’excuse d’avoir pris trop de temps pour répondre à votre commentaire sur mon article « Heureux avec Dieu ».

Même si nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde, le dialogue a toujours meilleur goût.

Les religions seraient-elles nocives ? Non, car ce sont certains êtres humains qui les utilisent souvent pour faire le mal qui sont nocifs.

Nos enfants sont-ils victimes d’un terrible lavage de cerveau quand on leur donne une éducation religieuse ? Absolument pas ! Les parents donnent à leur progéniture un héritage patriotique, culturel et religieux. La plupart des athées donnent à leurs enfants une solide formation athée. C’est tout à fait normal à condition que cela se fasse en respectant toujours l’autre opinion sans la dénigrer et sans la ridiculiser.

Quant aux arguments dits scientifiques (hippocampes, gênes, neurones, cortex, etc…) ils n’ont rien prouvé à ce jour pour soutenir que l’athéisme est la seule voie du gros bon sens.

Toutes ces théories ne sont que des hypothèses. Quand on voit aujourd’hui le très grand nombre d’athées (très souvent d’anciens croyants) dans nos pays dits développés, je pense qu’il est exagéré d’affirmer que la plupart des enfants élevés dans la foi sont automatiquement condamnés à être des esclaves toute leur vie d’un terrible Dieu.

Enfin, au niveau de l’école, les parents doivent avoir le choix d’envoyer leurs enfants là où on respectera leur foi. Une école qui fait la promotion de l’athéisme n’est pas acceptable pour les croyants. Une école neutre à 100%, ça n’existe pas !

En attendant de se revoir au paradis, continuons le dialogue en espérant que d’autres blogueurs aborderont le sujet.

Merci pour vos commentaires que j’ai bien appréciés.

Le troisieme secret de Fatima

par Michel à 2010-01-31 19:59:29

Que pense l`église catholique du troisieme secret de Fatima et du futur de l`Église en Occident qui pour l`instant semble un peu sombre?

J`ai lu des articles sur les secrets révélés aux enfant par la vierge Marie dans les années 40. Elle demandait je pense la conversion de la Russie et chose absolument incroyable cela est arrivé quand on pense aussi au role du Pape polonais et des évenements incroyables de 1989 avec Reagan et Gorbatchev.

Comme dans la prédiction - le communisme s`est effondré et la Russie fait son retour a l`église orthodoxe et au Christ. La vierge Marie a parlé d`une certaine période de paix si la Russie était consacrée a son coeur et cela a bien été le cas. Le secret de Fatima semble aussi parler d`une période de faiblese de l`église et nous semblons etre dans cette époque?


Que pense l`église catholique des apparitions de la vierge Marie en Égypte au-dessus et autour d`églises coptes apparitions aussi récente que décembre 2009? Est-ce en relation avec les grandes tensions entre chrétiens et musulmans dans le monde actuellement? J`aimerais savoir pourquoi ces apparitions nombreuses et filmées trouvent peu d`échos en Occident et a Rome.

Heureux les athées?

par Lys Deschamps à 2010-02-15 13:50:38

Elevée dans une famille d'athée, mariée à un athée, mère de trois pseudo-athés, je peux témoigner que beaucoup d' athées ne sont ni heureux, ni tolérants. Leurs invitations au débat dégénèrent souvent en monologue arrogant ou en parodie moqueuse. On s'habitue, moi, il y a longtemps que j'ai abandonné la partie...

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