Réflexion sur le scandale de prêtres pédophiles: Pardon mon père…
J’aimerais savoir comment certaines personnes en dehors, ou pire, au sein même de l’Église réussissent à établir un lien entre le célibat des prêtres et la pédophilie? Est-ce que le fait de pouvoir se marier a déjà eu un impact sur les pédophiles laïcs au point qu’ils cessent d’abuser d’enfants? À ma connaissance, le mariage n’a jamais été la solution à la pédophilie! Combien de pères de famille ont été dénoncés comme pédophiles incestueux?
Non, la pédophilie n’a aucun rapport avec le célibat. C’est le fait d’un mal intérieur grave et profond. Et c’est aussi, selon moi, la conséquence d’une permissivité sexuelle qui a ouvert les portes à toutes sortes d’ignominies dont on n’ose même pas parler à voix basse.
On comprend pourquoi on a voulu cacher l’horreur de la situation de prêtres qui ont trahi le sens même de leur vocation en abusant de petites âmes sans défense: il y a de quoi avoir honte! D’ailleurs, quand il y a un pédophile dans une famille, je suis à peu près certaine que ce ne sont pas les membres de sa famille qui vont le dénoncer, à moins que ce soit la victime elle-même. Combien de mères de famille n’ont rien fait lorsque leur enfant révélait l’impensable? Ces enfants étaient sortis de leurs entrailles… et pourtant!
Cacher sa faute, c’est un réflexe humain, même si c’est parfois inacceptable, tandis que la reconnaître et demander pardon relève davantage du divin. Raison de plus d’avoir honte que dans l’Église, nous, les spécialistes de Dieu et par conséquent du pardon, nous ayons choisi de nous en tenir à un instinct de survie protecteur plutôt qu’à notre véritable mission qui est de protéger les plus petits et d’annoncer la miséricorde.
Cela dit, il est important de se rappeler que la pédophilie ce n’est pas le fait du clergé, mais de quelques personnes faisant partie du clergé. De la même façon qu’elle n’est pas non plus le fait des pères, mais de quelques pères. Évidemment, il est plus facile d’identifier un groupe, une institution comme l’Église, que des individus qui n’ont pas de liens entre eux.
Les deux pieds dedans
Oui, c’est horrible à admettre, mais une partie du clergé s’est laissé imbiber par le monde, attirer par ce monde qui ouvre toute grande la porte à une sexualité qu’elle dit libre (tout en rendant esclave…) et sans cesse exacerbée partout et dans tous les contextes de nos vies. Même les sexologues commencent à sonner l’alarme en disant que notre société permissive met nos valeurs familiales et humaines en danger.
L’ONF aussi s’en est mêlé en présentant l’excellent documentaire Sexy.com sur l’hypersexualisation des enfants. Ce documentaire affirme que les enfants sont tellement stimulés par nos médias (télé, publicité, vidéos, magazine, mode, etc.) qu’ils commencent à expérimenter une vie sexuelle de plus en plus jeune, même à 6 ou 7 ans, alors qu’ils n’ont pas la maturité (ni psychologique, ni physique) pour la vivre. Tout cela se passe dans des contextes à faire dresser les cheveux sur la tête: en groupe, avec des récompenses pour les filles, des concours, etc. Où est l’amour dans tout ça? Il est complètement disparu! On va avoir des problèmes dans vingt ans, je vous l’assure!
Il y a 100 ans, on aurait hurlé d’apprendre qu’un prêtre avait des tendances homosexuelles. Aujourd’hui, on ne peut plus leur reprocher parce que l’homosexualité ne peut plus être contestée. Est-ce qu’il en sera de même pour la pédophilie bientôt? Impossible vous pensez? Détrompez-vous!
Au Danemark, on a fondé en 1985, une association pédophile, The Danish Pedophile Association (DPA), qui regroupe des pédophiles, des sympathisants et tous ceux qui s’intéressent aux aspects sociaux, psychologiques, politiques et législatifs de la pédophilie et de la sexualité enfantine. L’association comptait 80 membres en 1996 et 100 en 2004, année où le groupe s’est autodissout face aux pressions politiques et sociales.
Il existe aussi un militantisme pédophile, appelé Childlove (amour des enfants au sens de relation sexuelle). Eh oui! Ce mouvement souhaite une évolution législative permettant la reconnaissance de cette attirance sexuelle. Elle revendique l’abaissement ou la suppression des notions d’âge de consentement et de majorité sexuelle ainsi que le retrait de la pédophilie de la liste des maladies mentales. Je n’invente rien; cette information, je la tiens de wikipedia.org où l’on qualifie également «d’extrême droite» les méchants opposants à la pédophilie qui récupèrent certains événements pour faire mal paraître le «Childlove», l’amour des enfants…
Ce n’est pas tout! Sur le site paperblog.fr, un article a été publié le 13 juillet 2009 concernant le «scandale» en Angleterre d’imposer un examen approfondi auprès des personnes qui travaillent avec des enfants dans les écoles afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas de pédophiles. L’écrivain controversé Philip Pullman (auteur de la trilogie La boussole d’or) et quelques autres estiment que cette idée est simplement «scandaleuse, humiliante et dégradante». Il n’a d’ailleurs aucune intention de se soumettre à un tel examen avant de se présenter comme auteur dans une classe…
Ce qui fait le plus mal
L’être humain est malade et trompé. Et puis, l’Église, étant constituée de personnes humaines, subit inévitablement les effets elle aussi de ce mal. La pédophilie, c’est grave, mais c’est le résultat d’un péché encore plus grave. Un péché qu’on vénère pourtant dans notre société: l’égoïsme auquel on attribue le nom beaucoup plus sympathique d’individualisme.
«Pense à toi», répète-t-on sans cesse, avant de quitter quelqu’un, avant de prendre une décision, après une maladie ou une séparation douloureuse. Un égoïsme très profond. Un mensonge du malin bien tourné et fort convaincant, mais ô combien destructeur!
Plus je pense à moi, moins les autres comptent et plus je peux faire tout ce que je veux sans me préoccuper du mal que cela peut faire à ceux qui m’entourent. Et le malin en rajoute en nous soufflant à l’oreille que c’est de la liberté… et même que ce sont des droits!
Ce discours nous mène tout droit à la guerre. Le syndiqué se croit injustement traité pendant que le patron se sent tout à fait justifier de faire de gros profits. L’adolescent réclame l’indépendance pendant que ses parents en ont marre des responsabilités et deviennent permissifs. La femme se sent méprisée par son mari qui à son tour se sent incompris, ou vice-versa. C’est là que commence à jaillir les «et puis moi dans tout ça!». Moi, moi, moi.
Une femme me confiait qu’elle et son conjoint s’étaient quittés. Lorsque je lui demandais comment elle se sentait, elle m’a répondu qu’en fin de compte, elle se sentait bien parce qu’en le quittant, «je me suis choisie». En d’autres mots, elle s’était préférée à l’autre. Et en me disant cela, elle ne voyait absolument pas son égoïsme comme un mal, mais comme de l’amour. Moi, ce que je préfère, c’est l’amour selon le Christ…
Si on avait l’amour du Christ en nous, gros comme un grain de sénevé, notre monde serait complètement transformé. Mais voilà, la majorité du temps, moi aussi, comme cette femme, je me préfère au Christ et à l’autre… Que nous soyons habités par cette mentalité dans l’Église ne semble causer aucun problème à notre société déchristianisée. Mais c’est pourtant l’égoïsme qui est la source de la pédophilie, au-delà de la maladie. Parce qu’un pédophile pourrait guérir au moins de sa pédophilie pratique, en sortant de son égoïsme, en commençant à aimer, à penser à l’autre, au mal qu’il lui fait.
Pour moi, ce qui fait scandale dans l’Église, ce n’est pas tant qu’un prêtre se soit servi de son pouvoir pour abuser, mais plutôt qu’il soit dans l’Église sans se convertir, sans aimer, sans chercher à sortir de son «moi» pour aimer l’autre. Oui, l’Église est fautive… de ne pas avoir aimé.
Mais il n’y a pas que les prêtres pédophiles et ceux qui ont voulu cacher leur faute qui sont en cause. Il y a aussi tout ce peuple de Dieu qui a abandonné ses prêtres dans leurs presbytères, il y a déjà plusieurs dizaines d’années. Moi, Sophie, et peut-être vous aussi chers lecteurs, nous sommes coupables d’avoir fait fi de la solitude des prêtres.
Avant, ils avaient une communauté vivante autour d’eux, maintenant, on les change de place tous les six ans et il n’y a plus de liens aussi forts avec leurs ouailles que dans le temps. Aujourd’hui, on n’invite plus monsieur le curé à souper le dimanche soir. Ils peuvent bien chercher sur Internet à passer le temps… Si c’est bien vrai que les prêtres se marient avec l’Église, donc avec nous, peuple de Dieu, c’est donc que leur célibat, c’est une responsabilité de communauté…
Et c’est pourquoi je dis: «pardon mon père, j’ai péché… lorsque je vous ai abandonné.»

