Avortement: Mes amis ne sont pas des extrémistes!
Il y a quelques mois, le portail Internet MSN.ca publiait un portrait désobligeant d’un couple que ma femme et moi connaissons depuis plusieurs années. Fernand et Marielle ont vécu Alpha avec nous et le Congrès eucharistique international à Québec. Dès le printemps, ce petit couple se pointe devant la clinique d’avortements du docteur Morgantaler afin de faire réfléchir les passants sur l’avortement. Armés de quelques pancartes, ils discutent avec ceux et celles qui veulent bien s’arrêter. Le texte de leurs pancartes dit tout d’eux et de leur message: «40 jours pour la vie - Prions pour la fin de l’avortement»; «Avant que je te forme dans le ventre de ta mère, je connaissais ton nom». Pas de photographies de fœtus morts. Pas de cris. Rien qu’une présence évangélique.
Pourtant, Émilie Dubreuil, l’auteure du texte publié sur le portail Internet de MSN.ca, a trouvé le moyen de les traiter de «doux extrémistes»! Comme si cela n’était pas assez, la journaliste a dépeint mes amis comme faisant partie de ce «genre d'oiseaux qu'on se garde bien d'exciter, car on n'a pas trop envie de les entendre crier.»
Trop gentils pour s’insurger, mes amis! Alors, permettez-moi de m’insurger pour eux!!
Selon la journaliste, être contre l’avortement et le faire savoir silencieusement est une action extrémiste! Wo! là! Dois-je rappeler à Mme Dubreuil que nous vivons dans une société démocratique dont la base est la liberté d’expression? Bien sûr, des limites sont imposées à cette liberté. Afin de protéger le droit à la réputation de groupes ou des individus, la justice prévoit des sanctions pénales à toutes personnes ou organisations qui dépassent les bornes fixées par elles. Est-ce que Fernand et Marielle ont outrepassé leurs droits en manifestant silencieusement contre l’avortement? Bien sûr que non!
Alors, pourquoi les traiter de «gentils extrémistes»? Probablement par association. Je m’explique.
Selon l'association professionnelle des pourvoyeurs d'avortement la National Abortion Federation, entre 1977 et 2009 il y aurait eu aux États-Unis et au Canada huit meurtres, dix-sept tentatives de meurtre, quarante et un attentats à la bombe, trois cent quatre-vingt-dix invasions de cliniques d’avortements, mille-quatre-cents actes de vandalisme…
Voilà ce que j’appelle des actions extrémistes. Ces actions terroristes sont condamnables! Elles sont radicalement en opposition avec la pensée de l’Église catholique et de l’Évangile. Rien à voir avec cette petite manifestation tranquille qui a lieu à des centaines de mètres de l’entrée de la clinique qui, au demeurant, est située à l’intérieur d’un édifice comprenant plusieurs étages.
Alors, je répète ma question: pourquoi avoir traité Fernand et Marielle de «gentils extrémistes»? La journaliste voulait sans doute souligner le fait que mes amies n’ont pas le «look» d’assassins, vociférant, l’écume aux lèvres, contre les femmes qui se rendent dans une clinique d’avortements.
Gentils, sans aucun doute, mais extrémistes ? Pourquoi cette épithète ?
Parce que, dans notre société dite civilisée, tuer des êtres vivants dans le ventre de leur mère est considéré comme acceptable. Parce que démembrer des petits êtres simplement parce que la mère vit une situation pénible ou, plus simplement (plus horriblement), n’en veut tout simplement pas, est un droit !
Alors, lorsque des personnes, au nom de leur foi ou de leurs principes humanitaires, osent pacifiquement démontrer toute la violence de l’avortement, des fabricants d’opinions brandissent leurs plumes pour contrecarrer tout début de réflexion critique qui pourrait à la longue remettre en question le principe même de cette tuerie massive que représente l’avortement.
Non, mes amis ne sont pas des extrémistes! Ils sont plutôt les prophètes des temps modernes qui crient dans le désert de nos indifférences et de nos égoïsmes.

