La fête Dieu
NDLR: Ce texte d'Yves Casgrain, a été rédigé la veille de la fête du Saint-Sacrement.
«Qu'en ce jour, les foules empressées du peuple fidèle accourent dans les temples avec une nouvelle ferveur; que le clergé et le peuple se lèvent pour faire éclater leur joie dans des cantiques de louanges; que les cœurs et les désirs, les voix et les lèvres chantent des hymnes joyeux; que la foi chante, que l'espérance bondisse, que la charité tressaille, que la dévotion applaudisse, que le chœur des prêtres jubile, que l'assemblée des vierges soit remplie de consolation; que chacun vienne avec un cœur fervent, une volonté empressée, qu'il rende ses devoirs avec zèle, pour célébrer dignement la solennité d'un si grand jour, et puissent tous les enfants du Christ être enflammés d'une telle ardeur pour son service, qu'augmentant de jour en jour le trésor de leurs mérites, ils soient jugés dignes de recevoir comme leur récompense, au terme de leur course, Celui qui sur la croix se livra pour leur rédemption, et dans le Sacrement se donne à eux en nourriture»
Quel est l’auteur de ce texte enflammé ? Un charismatique ivre de l’Esprit? Un curé pro-cardinal Ouellet? Ou peut-être bien un militant de Foi et Justice ayant reçu le baptême dans l’Esprit Saint ?
Toutes ces réponses auraient pu être bonnes! Cependant, l’auteur est un pape! Eh oui! Ce texte est extrait de la Bulle d’Urbain IV pour l’institution de la Fête Dieu dans l’Église Universelle. Elle a été publiée en 1264.
Je viens tout juste de découvrir cet extrait. J’aimerais bien mettre la main sur cette fameuse Bulle! Je vous avoue que lorsque je lisais ces quelques lignes, des frissons m’ont parcouru le corps. Je me suis rappelé une messe présidée par Daniel Ange lors d’un congrès charismatique que j’avais couvert pour l’Informateur Catholique. Daniel Ange avait littéralement soulevé la foule de fidèles. Durant la procession, il a porté bien haut l’ostensoir au milieu de la foule sur laquelle avait fondu l’Esprit Saint comme un aigle sur sa proie. Quelle Messe! Après toutes ces années, les larmes me montent encore aux yeux.
Et demain? Bof! Demain, cela sera une messe comme bien d’autres! Le miracle eucharistique aura bien lieu, mais dans la routine hebdomadaire. Il y aura sans doute quelques chants en l’honneur de cette fête universelle. Une homélie bien sentie. Et, pourquoi pas, des fleurs.
Heureuse la paroisse où les fidèles deviendront aussi fous que les partisans du Canadien! Heureuse la communauté qui laissera éclater sa joie jusque dans les rues de son quartier!
Qui sait si demain l’Esprit sera entendu dans ma paroisse, dans votre paroisse?
Et si les responsables de la liturgie de votre église ne l’ont pas entendu? Eh bien, il vous reste à préparer la Fête Dieu de l’année prochaine!
Et que ça saute!
P.-S. Je vais m’y mettre et nous nous en reparlerons l’année prochaine. Promis!

